Une loi sur l'agriculture sans ambition

Alors que le Président de la République était en visite dans le nord de notre département pour rencontrer dans une ambiance quelque peu électrique un monde agricole de plus en plus désorienté par la politique gouvernementale, j'étais à l'Assemblée nationale où les députés examinaient le projet de loi dit de «modernisation de l'Agriculture».
C'est le premier projet de loi portant sur ce sujet depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la république.
Cependant différents textes de loi n'ont pas peu contribué à susciter l'inquiétude du monde agricole.
J'ai ainsi rappelé, au cours de la discussion générale, les effets désastreux auprès de ce monde de la loi dite de «modernisation de l'économie» de 2008 qui a donné l'avantage aux acteurs de la grande distribution pour fixer les prix dans les négociations commerciales avec les agriculteurs.
J'ai aussi pointé la remise en cause par la DGCCRF de la recommandation nationale du prix du lait qui a contribué à faire chuter les prix de ce secteur de 30%, ainsi que «le bilan de santé de la PAC» qui a entériné la disparition des quotas.
Enfin j'ai souligné que les diverses lois de finances avaient constamment sous-dimensionné les besoins financiers et humains du monde agricole.
C'est en tenant compte de ce passif gouvernemental que j'ai tenu à dénoncer une loi sans réelle ambition qui cherche à ménager «la chèvre et le chou».
C'est, en outre, un projet de loi dans lequel on ne peut que regretter l'absence de dispositions quant au développement de l'agriculture biologique et à celui des circuits courts, à la promotion des labels qualitatifs, ainsi qu'aux problèmes d'installation rencontrés par les jeunes agriculteurs.
J'ai également souligné les mesures potentiellement inquiétantes comme la contractualisation reposant sur un objectif de prix bas et ne garantissant pas une rémunération suffisante des agriculteurs.
Au cours de la discussion, j'ai tenu à rappeler les spécificités et les difficultés rencontrées par le monde agricole aveyronnais.
Enfin j'ai émis le voeu que l'enseignement agricole, source de nombreux débouchés, fasse l'objet d'un texte de loi spécifique et ambitieux.