Retraite des infirmières, Nicolas Sarkozy renie sa parole

Retraite des infirmières, Nicolas Sarkozy renie sa parole
Le gouvernement a décidé d'utiliser le projet de loi portant rénovation du dialogue social pour introduire des modifications législatives conséquentes : l'âge légal de départ à la retraite des infirmiers(es) passera de 55 ans à 60 ans en échange de leur entrée en catégorie A de la fonction publique. Le 25 janvier dernier, lors de l'émission « Paroles de Français » sur TF1, le Président de la République reconnaissait la pénibilité du travail des infirmières et assurait alors : "On en reparlera avec les syndicats parce que la pénibilité est un sujet extrêmement complexe". La méthode employée aujourd'hui par le gouvernement contredit ces engagements puisque l'ensemble de ce protocole d'accord a été accepté par un seul syndicat minoritaire... Tous les autres syndicats se sont opposés aux mesures subrepticement introduites dans un projet de loi. Cet empressement est d'autant plus incompréhensible que les concertations sur la réforme des retraites débuteront prochainement, et qu'une loi devrait être adoptée « dans les 6 mois ». Les députés du Groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche (SRC) ont demandé en vain le retrait immédiat de cette lettre rectificative. Lors des débats, ils ont défendu un amendement de suppression de cet article pour dénoncer la manœuvre.Ce passage en force augure mal des promesses de dialogue du gouvernement à l'occasion de la réforme des retraites et contredit les déclarations du chef de l'Etat du mercredi 24 mars.
Crédit à la consommation : nécessaire mais insuffisant
Les députés ont achevé vendredi en début de soirée l'examen du projet de loi visant à encadrer le crédit à la consommation pour en éviter les dérives.Il renforce notamment la place des crédits amortissables (remboursement des intérêts et du capital au fur et à mesure) et limite celle des crédits renouvelables ("revolving") qui prédominent en France.Après l'examen d'amendements portant sur la révision des modes de calcul du taux de l'usure, Christine Lagarde a annoncé qu'un groupe de travail associant députés et associations de consommateurs serait créé pour déterminer les nouveaux seuils.Le texte, trop timide quant au crédit revolving et à la création d'un fichier positif comme l'ont rappelé mes collègues Jean Gaubert et François Brottes, prévoit un meilleur encadrement des cartes de fidélité, qui doivent désormais permettre au consommateur de payer au comptant, et de la publicité, plus transparente sur les conditions financières. En revanche, il n'est pas question d'un répertoire national des crédits aux particuliers, ou "fichier positif", pour prévenir le surendettement.Cette mesure, déjà en place dans l'ensemble des pays de l'Union Européenne dont la Belgique, figurait parmi les amendements déposés et était réclamée par un grand nombre d'élus, toutes tendances confondues."L'exemple belge, où le taux de surendettement n'est pas inférieur au taux de surendettement en France, ne me convainc pas et n'a pas convaincu les 10 à 12 associations de consommateurs qui sont hostiles à ce mécanisme", a fait valoir la ministre en oubliant de préciser que seulement le Danemark et la France n'ont pas souhaité adopter un tel système...En octobre dernier, Mme Lagarde avait renforcé son projet de loi en y ajoutant des mesures permettant à tous les ménages surendettés et même aux propriétaires d'avoir accès aux commissions de surendettement et aux tribunaux. Le texte présenté aux députés interdit en outre la pratique des intérêts dits "intercalaires" à des ménages qui ont réussi à s'extraire du surendettement. En l'état ce texte est nécessaire mais très insuffisant...