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Réforme des retraites : une loi injuste

Pendant qu'une grande partie de nos concitoyens sont en congés ou sont à la veille de les prendre, le gouvernement a fait examiner en commission à l'Assemblée son projet de loi sur les retraites afin qu'il puisse être examiné en séance dès le 6 ou 7 septembre.

Les débats en commissions ont mis au jour les éléments suivants :

  1. La réforme des retraites voulue par le gouvernement et présentée comme l'unique moyen de sauver notre système de retraites par répartition n'est financée que jusqu'en 2018 ! Autrement dit, cette réforme qu'on nous présente partout comme étant pérenne et garantissant l'avenir des pensions de retraites devra être révisée rapidement. Cela veut dire également que l'actuelle réforme ne se préoccupe que des générations nées avant 1959 qui partiront à 62 et 67 ans pour une retraite à taux plein. Pour les générations nées après 1959, le processus est désormais déclenché, celui d'un nouveau recul de l'âge de départ à la retraite !

  2. Le fond de réserve mis en place sous le gouvernement Jospin pour les générations qui partiraient après 2020 a été utilisé sans scrupule pour financer les départs en retraite actuel ! Ce qui laisse à penser que le financement des départs en retraite après 2020 n'est pas pris en compte au point de vue financier !

  3. Les personnes qui ont eu des carrières fractionnées et qui représenteront bientôt la majorité sinon la totalité des actifs (en partant du constat simple que les actifs aujourd'hui connaissent tous des périodes de chômage avant de retrouver un autre travail) seront pénalisées. Cela concerne au premier chef, les femmes qui se sont arrêtées pour élever leurs enfants et aura pour conséquence inévitable : une baisse des pensions pour tous ces salariés !

  4. Les hauts revenus et les revenus du capital contribueront en 2020 à hauteur de 2 milliards d'€ au financement des retraites. C'est 2 fois moins que la hausse des cotisations des salariés qui atteindra 4,9 milliards d'€ !

  5. La question de la pénibilité par métier et branche socioprofessionnelle qui aura un impact sur l'âge du départ à la retraite est évacuée au profit d'une approche individualisée mettant en avant non pas la pénibilité du travail mais le taux d'invalidité de chaque salarié qui devra prouver que cette invalidité découle de son métier ! Il est vrai que récemment le Premier Ministre visitant une fabrique de savon en Ardèche a déclaré : «Ca respire le bonheur, ça sent la lavande, et après, elles (les ouvrières) me parlent de travail pénible sous prétexte que c'est à la chaîne!».

C'est donc dès les premiers jours de septembre que les salariés doivent faire entendre leur voix pour faire reculer le gouvernement sur ce projet de loi injuste et inefficace !

 


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