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MES DERNIERS VOEUX A VILLEFRANCHE -DE-ROUERGUE

Je remercie chaleureusement les très nombreuses personnes ayant répondu à mon invitation, jeudi soir, à Villefranche-de-Rouergue,  pour ma dernière cérémonie des voeux : les élus de terrain, chefs d'entreprise, amis politiques, responsables d'administration, des milieux agricoles et de l'artisanat, du monde associatif, mes proches.

Aux côtés de mon suppléant, Fabrice Veysseyre, je suis revenue sur mes dix ans de mandat parlementaire, un engagement tant sur le terrain que dans l'Hémicycle. La soirée s'est prolongée par le plaisir des retrouvailles et des échanges empreints d'émotion et d'amitié.

L'occasion aussi de mettre en valeur les élèves des lycées Beauregard, Savignac et Saint-Joseph qui ont préparé le buffet et assuré le service.

Vous trouverez ci-dessous l'intégralité de mon intervention.

Chers amis,

Je commencerai mon propos en vous présentant à toutes et à tous mes vœux les plus sincères pour que 2017 soit une année de bonheur et de prospérité pour chacun d’entre vous

Je tiens à remercier pour leur présence :
Monsieur le Sous-Préfet
Fabrice, mon suppléant
Monsieur le Maire de Villefranche
Stéphanie et Eric Conseillers Départementaux du canton de Villefranche
Jean-Sébastien, conseiller régional
Mesdames et Messieurs les Maires
Mmes et MM les Conseillers départementaux
Messieurs les Présidents d’intercommunalités

-Mmes et MM. les Maires Adjoints, les Conseillers Municipaux,
Mesdames et Messieurs les représentants des Corps constitués, de l’Education Nationale, des institutions militaires et de sécurité, du monde économique, culturel, sportif, social,
Mmes et MM les représentants du monde associatif,

et toutes les personnes qui ont répondu à mon invitation.
Je voudrais tout d’abord dire mon émotion ce soir.

C’est aujourd’hui, la dernière fois que je vous adresse mes vœux comme députée de cette circonscription.

Vous comprendrez donc que, cette année, ils prendront une tournure toute particulière, politique bien sûr mais aussi plus personnelle.

J’ai toujours rempli mes mandats, quels qu’ils soient, avec passion et fierté.

Fierté tout d’abord de représenter notre beau département.
J’avais dit au début de mon premier mandat de parlementaire en 2007 que je porterai à l’Assemblée Nationale la voix de ce territoire. Votre voix.

C’est ce que j’ai fait et cela a toujours été ma priorité et ma boussole dans l’action.

Que ce soit dans l’Hémicycle, en Commission, auprès des administrations et des ministères, c’est toujours votre voix que j’ai fait entendre.

Celle des artisans, des agriculteurs, des commerçants, des entrepreneurs, des salariés, des retraités, des jeunes et de tous les citoyens qui m’ont sollicitée à mes permanences.

J’ai accompagné vos projets, j’ai relayé vos demandes, vos attentes et vos préoccupations.

J’ai toujours oeuvré pour le maintien des services publics, à commencer par ceux de proximité :

Services publics de santé avec bien sûr, le maintien des hôpitaux de proximité, de leurs services et comme aujourd’hui la poursuite de l’activité de plein exercice de la maternité de Decazeville où ma mobilisation est constante avec le Tous Ensemble.

Services publics de sécurité avec, tout récemment, le vote de la PPL pour l’amélioration des conditions matérielles et statutaires des sapeurs-pompiers volontaires et professionnels

Services publics de l’Education avec, là-aussi, de très nombreuses interventions auprès des différentes instances et la signature d’un protocole d’accord sur les moyens humains accordés à nos écoles

Mes actions ont également porté sur la poste, ses services, les statuts des personnels, le rail et les juridictions de proximité.

Parce que pour moi, le maintien des services publics en zones rurales et semi-rurales est une nécessité, non seulement pour les habitants mais aussi pour garantir à notre territoire son développement et son attractivité.

L’activité économique de notre département repose sur des entreprises fleurons de notre territoire mais aussi sur un formidable tissu d’artisans, de commerçants, de TPE et de PME qui se distinguent par leur dynamisme et leur goût de l’excellence.

J’ai toujours été attentive à ce qu’ils puissent être mieux écoutés, mieux accompagnés et mieux soutenus.
Je me suis particulièrement impliquée lors du débat sur la loi sapin 2 afin de préserver les obligations de qualifications professionnelles des artisans, argument auquel le Gouvernement s’est rallié.

C’est toujours dans cet état d’esprit que je me suis investie sans relâche dans la loi consommation afin que soient créées des indications géographiques pour les produits manufacturés, véritable reconnaissance du savoir faire de nos artisans et de notre patrimoine local. Un texte qui protège le nom des communes afin que des drames comme celui de Laguiole, ne puisse plus exister.

J’ai également été l’auteure d’un rapport d’information sur les signes de qualité dont la profusion engendre trop souvent la confusion pour le consommateur.
Dans ce domaine, notre département regorge de pépites. Il est l’un des départements où l’on recense le plus grand nombre de produits sous signe officiel de qualité.

Travailler sur cette thématique, c’est travailler pour le dynamisme économique et l’attractivité de l’Aveyron.
J’y travaille aussi lorsque je relaie les attentes et les inquiétudes des agriculteurs et des éleveurs.
Notre département est un département rural, d’excellence dans le domaine agricole et agroalimentaire, riche par la diversité de ses productions.

Mais ce secteur a été fragilisé par différentes crises : fièvre catarrhale ovine, grippe aviaire, chute du prix du lait et hausse des matières premières et des céréales.
Tour récemment, je suis intervenue auprès du Ministre de l’Agriculture afin que la nouvelle carte des communes de notre département situées en zones défavorisées réintègre les communes qui en avent été écartées par l’Union européenne.
Ce classement est vital pour nos exploitations car il ouvre droit aux aides de la PAC comme l’indemnité compensatrice d’handicap naturel.

Enfin je citerai quelques projets qui ont vu le jour, ici dans ma circonscription, et que je suis fière d’avoir portés :
- Le projet AMI (Appel à manifestation d’intérêt) pour la revitalisation du centre-bourg de Decazeville.
Une restructuration urbaine de long terme pour changer l’image du Bassin, relancer l’habitat et attirer une nouvelle population, des commerçants, des artisans, des entreprises.
- Le label station classée de tourisme à Cransac si cher à notre ami Jean-Paul Linol, trop tôt disparu
- Le contrat de ville de Villefranche pour les quartiers du Tricot et de la Bastide. Un contrat ambitieux, pour la réduction des inégalités, la prévention de la délinquance, le développement économique et de l'emploi, la reconquête de l'habitat, l'amélioration du cadre de vie.
Sans oublier, bien sûr, la nouvelle caserne de gendarmerie de Villefranche. (M. HOLTZNER)
Mais cette liste n’est pas exhaustive.

Que de projets communaux, intercommunaux, associatifs j’ai soutenus qui témoignent du dynamisme et de la vitalité de ce territoire !
Le défendre à l’Assemblée, c’est écouter tous les acteurs économiques, toutes les forces vives et l’ensemble des habitants de la circonscription.
Cette proximité est indissociable de l’exercice d’un mandat électoral, quel qu’il soit.
C’est ce contact direct qui doit nourrir la réflexion d’un élu, qui lui permet de parler de ce qu’il connait et non de ce qu’il imagine.

A mon grand regret, je vois trop souvent des élus, quels que soient leurs mandats, confinés dans leur sphère et déconnectés du quotidien.
Je vous ai rencontrés, à votre demande, à mes permanences de Decazeville ou de Villefranche, lors de mes tournées cantonales, de mes déplacements, lors d’inaugurations, de manifestations, de portages de projets, d’accompagnements de dossiers, ou d’un simple moment de convivialité.
J’ai pu mesurer au cours de ces 10 années, combien certains étaient démunis et dans une situation de grand désarroi vis-à-vis des administrations.
J’ai mesuré combien ils étaient attentifs à l’action de leurs élus et combien ils appréciaient que ceux-ci ne perdent pas le contact avec la réalité du terrain.
Il est parfois facile pour un élu de se couper de cette réalité et de se rêver un destin national. On en rencontre d’ailleurs tous les jours.
J’espère pour ma part être restée la même depuis que vous m’avez accordé votre confiance en 2007.

Je suis – je crois – restée la même dans mes fondamentaux : ma vie quotidienne, mes centres d’intérêts, mon travail, mes loisirs, mes amis, mes proches.
Je fais mes courses, je vais au marché…
Comme tout un chacun d’entre vous. D’ailleurs cela suscite parfois quelques interpellations amicales. Une députée qui fait les courses …

Je suis aussi restée la même en ce qui concerne mes convictions.
Je suis militante, une militante de terrain, depuis longtemps, depuis toujours.
D’abord durant ma scolarité en tant que déléguée de classe, dans ma vie professionnelle en tant que militante syndicale, dans l’action politique comme conseillère municipale, maire adjointe, conseillère régionale et aujourd’hui députée.
Je suis fière de cet engagement, moi fille d’immigrés italiens et je sais que ma maman qui a 95 ans en est fière aussi.
Jamais je n’ai élaboré un quelconque plan de carrière car la politique, pour moi, n’est pas et ne doit pas être un métier.

Fidèle à mes valeurs, j’ai exercé mon mandat de parlementaire avec rigueur en mettant en adéquation mes idées, mes principes et mes actes. Je me suis toujours efforcée de représenter au mieux la population de ce territoire, dans sa diversité.
Une écoute et une disponibilité qui m'ont rendue plus lucide.

Durant ces cinq années qui viennent de s’écouler, je trouve que nous aurions dû prendre davantage en compte les attentes et les inquiétudes des classes modestes et moyennes ainsi que des retraités.
Davantage prendre en compte les demandes des salariés.
Revenir, par exemple, sur la défiscalisation des heures supplémentaires, avec pour conséquence directe une perte de pouvoir d’achat, n’était pas LA SOLUTION
Certains aujourd’hui en font pourtant un argument de campagne.
Que ne l’ont-ils pas fait plus tôt ?
Nous avons pu donner l’impression que la préservation du pouvoir d’achat des salariés n’était pas un axe central.
Certes, en 2012, la situation financière de notre pays était dégradée et la priorité était de rééquilibrer les comptes publics.
Mais plutôt que d’imposer une politique d’austérité, je crois que la relance de la croissance par le pouvoir d’achat aurait permis à tous consommateurs, entrepreneurs, investisseurs, de reprendre confiance.
De nombreuses aides ont été créées en direction des entreprises pour les inciter à recruter.
Pourtant ces dispositifs n’ont pas donné les résultats escomptés et le taux de chômage, notamment chez les jeunes, demeure beaucoup trop élevé.

Tout au long de ma mandature, je n’ai jamais transigé avec mes plus intimes convictions et jamais je n’ai considéré que l’on pouvait s’affranchir de ses idéaux dans l’exercice de ses mandats électoraux.
J’ai pu exprimer mes regrets sur la proposition de loi créant de nouveaux droits en faveur des personnes en fin de vie. Je considère que c’est un rendez-vous manqué car ce texte n’ouvre pas la légalisation de l’aide active à mourir.
J’ai exprimé mes désaccords tant sur l’utilisation du 49.3 que sur certains textes comme la déchéance de nationalité ou la loi Travail sur laquelle je me suis beaucoup investie car je considérais – et considère toujours – qu’en inversant la hiérarchie des normes, ce texte bouleversait notre modèle social.
N’oublions pas que notre code du travail est le fruit de décennies de dialogue social et d’accords !
Tout en restant fidèle à mon parti j’estime que la loyauté n’exclut pas le débat. Et je me sens frustrée car le débat m’a manqué.

2017 sera une année électorale majeure. Il ne faut pas se tromper de combat.
Il serait illusoire de croire qu’avec la droite et l’extrême-droite, l’herbe sera plus verte.
La droite accentuera l’austérité, la précarité, les inégalités.
Un vote extrême ferait quant à lui vaciller notre système républicain, ouvrirait la porte à la discrimination, au racisme, aux restrictions de nos libertés.
Seul un candidat de gauche sera en mesure de défendre notre modèle social.
Un modèle social qui garantisse l’égalité de tous (santé, éducation, accès aux services publics).

Pour moi, Benoît Hamon, par la force et la pertinence de ses propositions, est le mieux à même d’incarner ses valeurs et de pouvoir rassembler une nouvelle majorité de gauche en 2017 face à la droite et l’extrême droite.
Ses engagements sont forts en faveur des salariés, de la santé, de l’école et pour un renforcement de la démocratie avec des propositions qui redonneront du pouvoir à chacun : le droit de vote des étrangers aux élections locales, la reconnaissance du vote blanc, la mise en place d’un 49.3 citoyen pour que chacun puisse faire entendre sa voix.
Pour avoir travaillé à ses côtés, lorsqu’il était Ministre, je peux témoigner de ses qualités d’écoute, sa grande humanité, son approche pragmatique des dossiers.
C’est pourquoi je le soutiens pour la Primaire de la gauche le 22 janvier prochain.

Pour ma part, vous le savez, j’ai décidé de ne pas présenter ma candidature, pour un troisième mandat, aux élections législatives.
Parce que j’estime qu’il y a urgence à limiter le cumul des mandats et le cumul des fonctions quels qu’ils soient, tant en nombre que dans la durée et cela quel que soit l’âge. C’est l’une des conditions essentielles au renouvellement de la classe politique et aussi l’une des conditions pour que nos concitoyens retrouvent confiance en la politique et leurs représentants.
C’est une règle que je me suis toujours appliquée, bien avant le vote de la loi, à mon sens incomplète, car portant sur le seul cumul des mandats et fonctions des parlementaires.
Si j’ai décidé de ne pas briguer un nouveau mandat, c’est aussi, parce que je souhaite aujourd’hui tourner une page pour en ouvrir une autre.

En effet, 10 ans se sont écoulés depuis le début de mon premier mandat de parlementaire.
10 ans, cela passe vite et en même temps 10 ans c’est long, émaillés de changements dans ma vie personnelle avec une famille qui s’agrandit.
La maman que j'étais, est maintenant aussi grand-mère.
La vie suit son cours inexorablement et me rappelle que mes proches ont peut-être besoin d’une attention et d’une affection dont j’ai peut-être été économe par la nature de mes mandats et mon investissement dans leur exercice.

La vie me dit aussi qu’il faut savoir profiter de l’instant présent, de ses menus plaisirs qui peuvent être éphémères.
Continuer à découvrir, à apprendre, à voyager, à écouter, ne jamais être blasée, déçue, et au final, avoir toujours, avoir encore le plaisir de vous retrouver en d’autres lieux, en d’autres circonstances.
Parce que, soyez en persuadés. mon engagement ici, dans l’Aveyron, ne prendra pas fin le 18 juin. Il va se poursuivre sous des formes différentes mais avec toujours la même énergie et la même passion.

Des remerciements enfin. J'y tiens. Aux élus, tous les élus.
Quelles que soient nos appartenances politiques, j’ai travaillé avec vous dans un climat de confiance réciproque.

Je salue l'implication des maires pour leur présence quotidienne auprès de leurs administrés, leur souci constant d’améliorer leur bien-être en concrétisant des projets d'avenir pour leur commune... Et avec vous, Mesdames et Messieurs les Maires, l'ensemble de vos conseils municipaux.
Un grand merci pour votre confiance. Un grand merci pour votre dévouement, vous qui faites vivre nos communes.

Je remercie aussi toutes les associations et tous les bénévoles pour leur dévouement et leur travail de fond qui crée du lien social dans tous les villages de notre département. Vous incarnez le vivre ensemble et le bien vivre dans nos villages.

Je remercie enfin l’ensemble des forces de sécurité : policiers, gendarmes, pompiers mais aussi personnels médicaux et hospitaliers pour leur implication et leur remarquable dévouement.
Je rends hommage à leur professionnalisme et tiens à leur témoigner mon profond respect.
Un hommage qui aujourd’hui résonne plus fort encore avec la multiplication des actes de terrorisme dont la seule force est de s’appuyer sur l’effet de surprise et la barbarie.

Je remercie aussi celles et ceux qui m'ont accompagnée toutes ces années dans l’exercice de mes mandats.
On dit qu'en politique, l'amitié n'existe pas. En ce qui me concerne, j'ai rencontré de très belles personnes et noué des liens solides qui perdureront après le 18 juin.
Je ne citerai que l’une d’entre elles, Fabrice, ami fidèle, à mes côtés comme suppléant depuis 5 ans.
J'ai aussi connu quelques trahisons, mais la vie est ainsi faite.
Je retiendrai de ce long chemin, de belles rencontres, fondées sur l'amitié et le respect, et d'autres qui n’étaient que déloyauté.
Les premières nous nourrissent à jamais et les autres ne méritent pas que l’on s’y attache !
C'est cela la force de la vie !

Un dernier mot pour ma famille qui m’a accompagnée durant toutes ces années, mes enfants, mes petits enfants et bien sûr celui qui partage ma vie depuis 43 ans.

A vous tous et à tous ceux qui vous sont chers, à tous vos proches, je vous souhaite une bonne santé et une bonne et heureuse année 2017.

Un grand merci à tous pour votre présence ce soir.
Excellente année 2017 et place à la convivialité.

Un grand merci aux élèves des lycées de Villefranche qui ont contribué très activement à la préparation du buffet. Le lycée d’enseignement Agricole Beauregard pour la partie « salée », le lycée Francis Savignac pour la partie « sucrée » et le lycée Saint Joseph pour la partie Service.

Je voudrais les remercier chaleureusement, remercier leurs équipes de direction, leurs enseignants et leurs équipes pédagogiques.
C'est leur savoir-faire qui est à l'honneur ce soir, car ce sont ces jeunes qui sont porteurs des réussites de demain.



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