LMA, la loi qui ne résout rien

Mardi après-midi la majorité a voté la LMA, Loi de Modernisation Agricole. Pour ma part, j'ai voté contre. En effet, des thèmes primordiaux comme l'aménagement du territoire, les aides à l'installation des jeunes agriculteurs, la pluralité de la représentation du monde syndical ne sont pas abordés dans ce projet de loi.
En revanche, il accentue le mouvement de concentration dans le secteur de l'élevage et la prédominance des intérêts de l'agroalimentaire sur ceux des agriculteurs.
La nouveauté majeure de ce texte devait être la contractualisation entre les agriculteurs et les professionnels de l'agroalimentaire. Mais la forme choisie ne permet pas une véritable protection des agriculteurs. Ce texte ne prévoit pas non plus la mise en place d'une organisation nationale pour chaque filière.
Le gouvernement poursuit son désengagement en matière de solidarité agricole. Dorénavant, chaque agriculteur devra souscrire une assurance-risque qui l'assurera individuellement. Mais à quel prix ? Même logique d'auto-assurance pour la forêt. Les forestiers ne recevront plus un centime d'aide de l'Etat en cas de calamité s'ils ne sont pas auto-assurés d'ici 2017. L'Etat se désengage totalement alors qu'il s'agit d'un bien commun !
Lors des débats, j'ai défendu avec mes collègues du groupe SRC une autre vision de l'agriculture en défendant des amendements sur des sujets absents du texte, comme l'aide à l'installation des jeunes agriculteurs, l'aide au circuit de proximité, la lutte contre les OGM, la promotion de l'agriculture biologique et celle des produits en label de qualité.
Â
Â