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Le Président de la République en Aveyron

Le Président François Hollande est venu mercredi 29 mai dernier dans notre département où il a, notamment, visité l'usine BOSCH.

J'étais naturellement présente à ce rendez-vous avec les Aveyronnais.

Cette visite a été pour lui l'occasion de développer un thème qui lui est cher : la compétitivité de nos entreprises dans la mondialisation tant au niveau français qu'européen.

Voici quelques extraits du discours qu'il a prononcé à cette occasion.

"Pourquoi venir, ici chez BOSCH (...). D'abord, parce que c'est la première entreprise de votre département : 1 600 salariés. L'avenir de l'entreprise, c'est donc l'avenir du département.

La seconde raison, c'est parce que, ici, c'est une entreprise allemande et l'employeur allemand le plus important de France.

Demain, je vais rencontrer Madame MERKEL. Il était donc très important que je puisse lui montrer que l'amitié franco-allemande, c'est aussi l'entreprise BOSCH qui en est le symbole (...)

Et puis, il y a une troisième raison à ma présence devant vous. C'est que vos représentants syndicaux et la direction de l'entreprise - avec votre accord - ont été capables de conclure une négociation pour permettre à votre entreprise d'avoir, au moins pendant 5 ans, sans doute davantage, une visibilité, une clarté sur des engagements mutuels.

Ce n'est jamais facile de conclure une telle discussion. Il y a des moments plus délicats que d'autres. Il m'a même été rapporté qu'il y a eu une grève - d'un jour et demi et qui s'est bien passée. Cela fait partie, aussi, de la discussion, de la pression.

Qu'est ce qui a fait que, à un moment, il y a eu la conclusion ? D'un côté, les dirigeants de l'entreprise ont pris un engagement : 30 millions d'euros d'investissement. Ce qui veut dire l'amélioration encore du parc machine et la capacité de l'entreprise à aller de l'avant, à innover, à être en pointe. Cela, c'était ce qui pouvait rassurer les salariés (...)

Vous devez, nous devons être les meilleurs, avec une compétition et une concurrence qui sont devenues maintenant mondiales avec les pays émergeants - cela ne veut pas dire avoir les mêmes salaires, la même protection sociale qu'en Chine ou en Inde. Cela serait insupportable, inacceptable pour nous. Etre capables d'investir plus que les autres. Etre mieux adaptés encore aux marchés sur lesquels vous êtes en compétition. Etre capables d'être aussi mieux formés, cela va être l'enjeu d'une négociation qui va s'ouvrir. Des syndicats m'ont alerté là-dessus : comment faire pour que nous puissions attirer les jeunes pour venir travailler ici, en alternance ?

J'ai rencontré un certain nombre d'entre vous qui êtes en apprentissage ou qui êtes venus, d'abord en apprentissage, pour ensuite être salarié. Cela doit être notre devoir, notre obligation : attirer les jeunes, les mettre en situation de pouvoir occuper les emplois, les métiers de l'industrie...

Nous devons être les meilleurs disais-je, aussi dans la recherche, dans l'innovation. C'est pourquoi il y a eu ce pacte de compétitivité et de croissance, suite au rapport GALLOIS, avec un crédit d'impôt. C'est-à-dire une baisse du coût du travail pour l'entreprise et une marge qui peut donc être donnée à vos dirigeants, pour qu'ils investissent davantage, qu'ils embauchent davantage, qu'ils exportent davantage. Ou qu'ils recherchent davantage les produits de demain (...)

Nous avons aussi vocation à développer la filière automobile. Nous nous posons tous des questions. Il y a une diminution de la production, ces derniers mois ou ces dernières années. Il y a une récession qui s'est installée en Europe et nous pouvons, dans le secteur automobile, en être les victimes (...)

Comment réagir ? Organiser la filière automobile, faire qu'entre les donneurs d'ordres, les producteurs automobiles et les sous-traitants, il puisse y avoir une coopération, une organisation et un soutien de l'Etat pour la structuration de cette filière (...)

Et puis, il y a aussi dans ma conception de l'Europe, une politique industrielle, une politique énergétique, une politique qui nous met, nous l'Europe, première puissance économique du monde, en situation d'être justement les meilleurs au monde. Il faut en finir avec l'image que l'Europe renvoie d'un continent en crise alors que partout ailleurs, aux Etats-Unis, en Chine, en Amérique latine, la croissance est là. Nous devons donc, nous les Européens, une fois que nous avons réglé la crise financière - c'est déjà largement le cas -, une fois que nous aurons réglé les questions budgétaires, nous mettre dans cette situation : être plus compétitifs sur le plan industriel avec des règles sociales qui doivent être communes à l'échelle de l'Europe. Voilà ce que j'étais venu vous dire.

Merci."


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