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Le Conseil constitutionnel doit être respecté

Toute la semaine l'ancien Président de la République, Nicolas Sarkozy, n'a cessé de faire des déclarations outrancières, inexactes et déplacées sur la décision du Conseil Constitutionnel de rejetter ses comptes de campagne.

De manière politicienne et démagogique il a crié au complot alors même qu'à plusieurs reprises, durant la campagne, le président-candidat avait été alerté sur des déplacements qui tenaient plus du meeting que de la visite présidentielle !

Face à de tels propos et une telle remise en cause de nos institutions, de la Justice et des décisions de justice, il est impossible de demeurer silencieux

Le Conseil constitutionnel doit être "pleinement" respecté, a répondu vendredi 5 juillet le président François Hollande aux critiques de Nicolas Sarkozy, qui a reproché à l'institution d'avoir invalidé ses comptes de campagne de 2012.

Selon M. Sarkozy, la décision du Conseil, qui prive l'UMP d'une dotation publique de 11 millions d'euros, crée "une situation inédite sous la Ve République" et "met en péril la formation qui doit préparer l'alternance tellement nécessaire au socialisme".

"Le Conseil constitutionnel doit être respecté, pleinement respecté, entièrement respecté et personne ne peut suspecter, mettre en cause cette institution, sans alors mettre en cause l'ensemble des institutions", a déclaré le chef de l'Etat lors d'une conférence de presse en Tunisie.

Plus tôt dans la journée, la ministre de la justice, Christiane Taubira a rappelé que toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel "participe d'une défiance à l'encontre de nos institutions, privilège délétère réservé aux puissants, qui subissent moins que les citoyens ordinaires les effets de cet affaiblissement de nos institutions".

"Aussi désagréable que soit une décision, son acceptation fait appel à l'esprit civique et au sens de la responsabilité, et réclame un effort de dignité au nom de l'intérêt général", poursuit Mme Taubira.

La ministre des affaires sociales, Marisol Touraine, s'est de son côté déclarée, sur France 2, "très choquée d'entendre à droite expliquer que ce serait une décision politique".

"Nous sommes face à une juridiction. Elle se contente de dire ce que sont les règles de droit (...). La droite a du mal à admettre que la justice est indépendante", ajoute-t-elle.

"On pourra dire que Nicolas Sarkozy avait non seulement ruiné les comptes de la France mais il a maintenant ruiné les comptes de l'UMP", a pour sa part déclaré le premier secrétaire du PS, Harlem Désir, sur Radio classique.

Bruno Le Roux, chef de file des députés PS, a quant à lui qualifié d'"indécente" la réaction de M. Sarkozy.

Une analyse partagée sur LCI par le député UMP Bernard Debré, frère du président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré. "Le Conseil constitutionnel est constitué de juges totalement impartiaux et indépendants", a-t-il dit.

"On ne peut pas dire 'c'est formidable' quand il nous donne raison et quand il nous donne tort dire 'c'est des cons'."

Pour lui, pas question de contester cette juridiction, car "si on se met à critiquer le Conseil constitutionnel il n'y a plus de démocratie".


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