L'UMP contre Eric Woerth

Quand Jean-François Copé et Xavier Bertrand lâchent leur ami Woerth...
Depuis plusieurs semaines, l'UMP prétend que l'opposition socialiste organise une véritable «chasse à l'homme» contre le Ministre du travail M. Eric Woerth parce que nous nous opposons à son projet de loi sur les retraites et parce que nous avons demandé des éclaircissements sur la rocambolesque affaire Bettencourt.
En réalité, nous n'avons fait qu'exercer notre rôle de députés chargés de contrôler l'action gouvernementale et nous opposer à un projet de loi qui ne nous semble ni juste ni efficace.
En revanche l'UMP conduite par M. Copé, président du Groupe UMP à l'Assemblée et M. Bertrand, secrétaire général s'en est pris violemment à un projet de loi gouvernemental défendu par le même M. Woerth.
Cela s'est passé le mercredi 7 juillet en séance de nuit. M. Woerth présentait un projet de loi intitulé «dispositions relatives à la démocratie sociale», projet de loi qui permettait l'amélioration du dialogue social dans les TPE (Très Petites Entreprises).
Ce texte s'inscrit globalement dans la lignée de l'accord du 12 décembre 2001 relatif au dialogue social dans l'artisanat quand 800 000 entreprises artisanales et l'ensemble des syndicats de salariés avaient signé un texte sur le dialogue social dans les TPE. Nous y étions favorables.
En outre, le texte reprenait l'essentiel de l'accord signé le 9 avril 2008 par le MEDEF, la CGPME, la CFDT et la CGT. Il a été enrichi par les préconisations de l'UPA, l'Union Professionnelle Artisanale.
Cependant les discussions entre partenaires sociaux menées en parallèle par les signataires de l'accord du 9 avril 2008 n'ont pas abouti à cause de l'intransigeance du MEDEF et de la CGPME.
C'est cette même intransigeance relayée par MM. Copé et Bertrand qui a permis en Commission des Affaires sociales la suppression de l'article 6 de ce projet de loi grâce à un vote négatif des députés UMP !
Eric Woerth a donc voulu, sous la forme d'un amendement à son projet de loi proposé aux députés réunis dans l'hémicycle, réintroduire cet article 6 qui permet la constitution de commissions paritaires territoriales.
Cet amendement a été rejeté puisque 9/10e des députés de la majorité ont voté contre !
Au moment où on nous vante les vertus du dialogue social, ce dont je suis personnellement convaincue, il fallait voir ce soir-là la vigueur des attaques contre les syndicats de la part de la majorité. L'examen de ce texte a aussi permis de voir la division violente au sein de l'UMP.
Le rapporteur UMP, favorable au texte du ministre, a ainsi interpellé ses «collègues» de l'UMP qui l'ont copieusement hué : «Je ne peux partager votre argumentation. La semaine dernière, notre président de groupe nous a expliqué que ce texte était dangereux, dans la mesure où il allait permettre l'introduction des "horribles syndicalistes" dans les entreprises puisqu'une des missions de la commission (paritaire territoriale) était d'assurer le suivi des accords collectifs de branche. (...) Nous ne sommes plus dans le rationnel. Plus aucun argument ne peut être reçu.»
Quant à Jean-François Copé, toujours prompt à nous faire la leçon sur les retraites ou sur l'affaire Bettencourt ou à nous prodiguer des leçons d'honneur et de courage, il s'est vanté : «C'est la première fois depuis trois ans que je vais voter contre une disposition gouvernementale».
Autrement dit c'est «courage fuyons ! » au sein d'une majorité décidément bien affaiblie !