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Débat sur la crise syrienne à l'Assemblée


Le premier ministre a défendu devant l'Assemblée nationale le principe d'une action militaire «ponctuelle», «proportionnée» et «collective» contre des objectifs significatifs en Syrie, en riposte à l'usage d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad.

«Le plus massif et le plus terrifiant usage de l'arme chimique en ce début de siècle». C'est ainsi que Jean-Marc Ayrault, a ouvert le débat parlementaire ce mercredi sur la situation en Syrie, en revenant sur l'attaque du 21 août dernier près de Damas.

«Chacun d'entre nous a pu voir les images abominables de l'agonie des victimes. Sur ces cadavres pas une goutte de sang, pas une blessure. Le gouvernement en est convaincu, la gravité du moment exige la transparence», a ajouté le premier ministre.

Pour le Premier ministre, «le régime syrien en porte l'entière responsabilité».

Il évoque ainsi les éléments qui accablent le régime de Damas: «Toutes les victimes ont été localisées dans des quartiers contrôlés par l'opposition. Nous avons des éléments qui indiquent que du gaz sarin a été utilisé. Nous sommes certains que la Syrie dispose d'un des stocks d'armes chimiques le plus important du monde, que la Syrie a déjà utilisé cette arme auparavant à Saradegh ou à Jobar. Nous sommes certains que l'opposition n'a pas les capacités de mener une attaque d'une telle ampleur».

Et le premier ministre de conclure: «Les enquêteurs de l'ONU ne pourront que constater l'usage de l'arme chimique.»

Face à ce constat, que choisir: «l'action ou la résignation ?». «Ne pas réagir» militairement reviendrait à «fermer la porte à un règlement politique du conflit».

Mais au-delà du seul cas syrien, «ce serait mettre en danger la paix et la sécurité de la région toute entière, mais aussi notre sécurité. Quel message enverrions-nous à d'autres régimes comme l'Iran ou la Corée du Nord?»

«Bien sûr, une action concertée du Conseil de sécurité serait souhaitable ; mais depuis deux ans, la Russie et la Chine ont bloqué toute initiative», a souligné Jean-Marc Ayrault, évoquant les blocages diplomatiques actuels.

«L'action que nous envisageons est réfléchie et collective. Elle devra être ponctuelle», a rappellé le premier ministre. Pas question que la France agisse seule, ni qu'elle envoie des troupes au sol.

La France «joindra ses efforts à d'autres pays à commencer par les États-Unis. Et nous comptons également sur le soutien des européens et de la Ligue arabe», a expliqué le premier ministre.

Jean-Marc Ayrault a promis de «continuer à informer» l'Assemblée sur la situation syrienne.

Selon lui, «en toute hypothèse, la décision ultime ne pourra être prise par le président de la République que lorsque sera constituée la coalition, seule à même de créer les conditions d'une action». Un président qui a, selon lui, fait le choix d'une «action légitime, collective et réfléchie».


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