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Cérémonies des 8 et 10 mai : le devoir de mémoire et de réconcilation

François Hollande a présidé mercredi les cérémonies du 8 mai qui commémorent la victoire des alliés sur le nazisme lors de la Seconde Guerre mondiale, l'occasion pour lui d'affirmer la volonté de la France d'agir avec Berlin «pour une Europe qui soit celle de la croissance et de l'emploi».

Après un dépôt de gerbe au pied de la statue du général de Gaulle, en bas des Champs-Elysées, le chef de l'Etat a remonté l'avenue escorté de la garde républicaine en saluant la foule.

Le chef de l'Etat était cette année accompagné du président polonais Bronislaw Komorowski, invité des commémorations. Une importante délégation des forces polonaises était également présente.

La Pologne a particulièrement souffert de l'occupation nazie durant le conflit et les Polonais ont joué un rôle important dans la Résistance intérieure en France.

Les présidents polonais et français ont ranimé conjointement la flamme sur la tombe du soldat inconnu sous l'arc de triomphe, avant que soient interprétés les hymnes nationaux et le Chant des partisans qui célèbre la résistance à l'occupant.

Interrogé à l'issue des cérémonies sur les récentes tensions entre la France et l'Allemagne, le président Hollande a souligné que Paris et Berlin doivent aujourd'hui se «retrouver ensemble pour une Europe qui soit celle de la croissance et de l'emploi».

«C'est le sens du débat que nous avons engagé (...) Il y a un débat et à la fin ça se passe toujours avec un compromis entre la France et l'Allemagne, ce sera encore le cas pour les grands dossiers que nous avons à régler», a-t-il déclaré.

Le chef de l'Etat a également souligné la volonté de Paris et Varsovie de «relancer le triangle de Weimar, c'est à dire l'amitié entre la France, l'Allemagne et la Pologne ensemble pour préparer l'Europe».

François Hollande a souligné vendredi 10 mai «l'impossible réparation» des ravages de l'esclavage, «outrage fait par la France à la France», à l'occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Une «impossible réparation» mais un devoir de «mémoire, de vigilance, de transmission». C'est en substance ce qu'a déclaré vendredi, François Hollande à l'occasion de la journée nationale des mémoires, de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions.

Mais sans tarder, cette déclaration sur l'impossibilité de «réparer» le passé de la traite négrière - qui a commencé au XVIIe siècle dans les colonies françaises jusqu'à son abolition définitive le 27 avril 1848 sous l'impulsion de l'homme politique philanthrope Victor Schoelcher - ne convient pas à tout le monde.

Hier, le Conseil représentatif des associations noires (Cran), a décidé de poursuivre en justice la Caisse des dépôts et consignation pour avoir, selon elle, tiré profit de l'esclavage en recueillant notamment la «rançon» imposée à Haïti pour «payer» son indépendance.

«Une note à payer» ne suffit pas «L'impossible réparation» est aussi pour le président de la République une citation qui rend hommage au poète antillais Aimé Césaire, dont on célèbre cette année le centième anniversaire de la naissance.

«Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini ? Non, ce ne sera jamais réglé», a dit M. Hollande, en écho à cette figure de la vie martiniquaise, célébrée au Panthéon.

«L'histoire ne s'efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l'objet de transactions au terme d'une comptabilité qui serait en tout point impossible à établir», a ajouté le chef de l'État en présence de la ministre de la Justice, Christiane Taubira. Celle-ci, originaire de Cayenne (Guyane) est à l'origine de la loi de 2001 reconnaissant l'esclavage comme un crime contre l'humanité.

Entre le milieu du XVIIe à la fin du XIXe siècle, la France a déporté plus d'un million d'Africains.


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