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A l'Assemblée, la majorité sous pression



Jeux en ligne : Une majorité sous pression.


Dix jours après la victoire éclatante de la Gauche aux élections régionales, la majorité UMP à l'Assemblée semble perdre son sang-froid lors de l'examen des projets de loi.

En effet, de mardi à vendredi, l'examen du texte relatif à l'ouverture à la concurrence et à la régulation du secteur des jeux d'argent et de hasard en ligne s'est déroulé dans une ambiance très électrique.

Après l'intervention de mon collègue Gaëtan Gorce demandant le rejet de ce texte, les députés de mon groupe sont entrés dans l'hémicycle afin de voter ce rejet. Afin d'éviter d'être mise en minorité, la droite, par la voix de Monsieur Baroin, Ministre du Budget, a demandé une suspension de séance pour permettre à la majorité de battre le rappel de ses troupes. Naturellement ce procédé déclenche la fureur de l'opposition. "Ce n'est pas au ministre de dicter le fonctionnement de l'Assemblée. Vous n'êtes plus député", a déclaré Jean-Marc Ayrault à l'attention du Ministre, dénonçant une "tricherie".

Sur le fond ce texte va affaiblir la population la plus fragile socialement en lui faisant croire que le gain d'argent est au bout du «clic». Il ne met, en outre, pas en place de dispositions particulières pour protéger les mineurs et généralise la publicité pour ces sites.

Gaëtan Gorce (PS) a très justement estimé que les députés légiféraient "sous la pression d'interêts particuliers" alors que "la représentation nationale a tout de même autre chose à faire que de régler dans l'urgence les intérêts de Monsieur Aulas, de Monsieur Courbit et les autres", en référence au président de l'Olympique Lyonnais et au propriétaire de la société de paris en ligne Betclic et ancien patron d'Endemol.

Plus choquant, un député UMP des Hauts de Seine a fait l'éloge de ce texte alors même que son fils est directeur d'une société de pari et de jeu en ligne agissant de manière illégale...

La détermination des députés de Gauche à lutter contre l'argent sale, l'addiction aux jeux d'argent, les risques de surendettement, s'est exprimée sous la forme de nombreux amendements qui ont systématiquement été rejetés par la majorité et par le gouvernement. Un président de séance de la majorité s'est même cru permis de qualifier l'attitude des élus de Gauche comme une attitude d'obstruction...

Cerise sur le gâteau, lors de la reprise de la séance jeudi 1er avril à 15h00, on a vu, au perchoir, le propre conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy souffler quelques mots au président de séance. Plus qu'une maladresse ou qu'une dérive, c'est le signe d'une reprise en main des débats parlementaires par Nicolas Sarkozy lui-même.

Plus que jamais et alors que seront bientôt examinés les projets de loi sur le dialogue dans la fonction publique, sur les réseaux consulaires, sur l'environnement, sur l'agriculture, je redoublerai de vigilance et de combativité pour mieux servir mes concitoyens !


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