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Hôpitaux publics : le revirement ?

«Hôpital Public: une politique menée au fil de l'eau»


Mardi, la ministre de la Santé a annoncé le report du décret prévoyant la fermeture des services de chirurgie dans 54 hôpitaux réalisant moins de 1500 actes chirurgicaux par an.

Si je ne peux qu'être satisfaite de cette annonce, je n'en reste pas moins extrêmement prudente.

En effet, un porte-parole du ministère de la Santé a déclaré, au sujet de la date de publication de ce décret, que le ministère attendrait «le temps qu'il faudra pour réexpliquer» le pourquoi de ces fermetures, ajoutant que «la Ministre a pris conscience qu'il y avait encore un besoin d'explication» et qu'elle lancerait à la rentrée une mission d'information sur ce sujet.

Autrement dit, le décret n'est pour l'instant pas annulé mais simplement reporté.

Je souhaite donc que les personnels, les usagers et les élus des centres hospitaliers concernés demeurent mobilisés et ne baissent pas la garde.

Je rappelle, en effet, que ce gouvernement «nous a habitué dans le passé à de tels revirements de position qui n'ont été que des effets d'annonce et n'ont en définitive rien changé sur le fond».

En outre je ne peux que dénoncer, «la gestion erratique de dossiers aussi importants que celui portant sur l'hôpital public et une politique menée au fil de l'eau sans vision ni perspective pour les territoires concernés».

C'est le signe d'une politique de mépris à l'égard des usagers et des personnels soignants de ces hôpitaux de proximité et je m'étonne qu'il ait fallu la mobilisation de tous les acteurs de terrain pour que Mme Bachelot prenne conscience des risques qu'elle ferait courir à nos territoires en publiant un tel décret.

Je souhaite que, désormais, «la cohérence soit de mise et les actes mis en conformité avec les paroles et que le décret prévu soit purement et simplement annulé.»

Seule l'annulation de ce décret apporterait ainsi la preuve que Mme Bachelot a bien pris en compte les inquiétudes des hôpitaux de proximité.

Le week-end du 17 juillet a été marqué par des événements particulièrement violents et choquants qui ont eu lieu à Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher et à Grenoble.

Ils démontrent que le gouvernement est totalement débordé dans sa lutte contre l'insécurité et marquent l'échec de la politique exercée par Nicolas Sarkozy depuis sa première nomination au Ministère de l'Intérieur en 2002 et poursuivie depuis par ses successeurs.

J'estime que, face aux enjeux actuels en matière de sécurité, il faut se garder du simplisme et assumer la complexité des situations : il y a des réponses en termes de service public, d'éducation, de politique familiale, de prévention, mais aussi en terme de répression et de justice.

Rappelons que le passage au Ministère de l'Intérieur de Nicolas Sarkozy a été marqué par la suppression de la police de proximité aujourd'hui regrettée par de nombreux élus de la majorité comme M. Lemoine, maire de Montfermeil ou Mme Roig, députée-maire d'Avignon.

Outre la suppression de la police de proximité, nous assistons depuis plusieurs années à une diminution constante des effectifs de police notamment à Grenoble depuis 2002, où les effectifs ont diminué de 120 agents alors que le développement de la délinquance s'est aggravé. Sur le terrain, ce sont désormais le GIPN, le raid, des hélicoptères qui interviennent dans les quartiers.

A mon sens, c'est l'abandon par la droite de toute ambition en matière de politique de la ville et de territorialisation de la police qui conduit à cet échec.

Dans les territoires ruraux ou semi-ruraux, nous sommes confrontés à des suppressions de postes et à la fermeture de commissariats.

Aussi, mon collègue Michel Destot, député-maire de Grenoble, en a appelé à la tenue d'un Grenelle de la sécurité. Un projet qui a peu de chance de voir le jour compte tenu de la réaction négative qu'il a suscité chez M. Hortefeux.


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